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 Grandeur et misère du programme spatial américain

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MessageSujet: Re: Grandeur et misère du programme spatial américain   Grandeur et misère du programme spatial américain - Page 2 Icon_minitimeJeu 13 Oct 2011 - 16:32

Explorer a écrit:
Depuis des années les Américains tentent désespérément d’établir une feuille de route pour leur programme spatial d’exploration (idem pour les Russes et les Européens). Un formidable brainstorming qui pourrait au final accoucher d’une souris, en cette période de vaches maigres. Un programme spatial c’est un peu comme un château de cartes. On enlève une carte et c’est tout un pan du château qui s’écroule. Après avoir exploré toutes les pistes (des plus farfelues aux plus réalistes) et avoir beaucoup rêvé, les Américains pourraient sortir de l’impasse actuelle en se recentrant sur des objectifs beaucoup plus modestes, disons plus "terre à terre", ce qui impliquerait, évidemment, l’abandon de certains programmes en cours de développement devenus inutiles (Orion, SLS,…)
Côté russe on sent que l’évolution va dans le même sens (abandon de la fusée Rus-M, probablement du vaisseau PTS, déclarations de certains responsables visant à réduire l’effort en matière de vols habités,...). Ce recentrage concernerait moins les Européens du fait de leur faible investissement dans le spatial habité. Quant aux Chinois ils passeraient pour anachroniques!
Du coup, cher Explorer, je ne comprends plus vraiment, si comme tu le préconises, les américains se décident à renoncer à Orion et le SLS, fers de lance de l'espace habité lointain avant disons, la moitié de notre siècle. Que faut-il faire alors ? Pour objectifs modestes, il reste : une ISS2 ? A la limite, je serais assez d'accord à condition que cette nouvelle station serve utilement à l'Humanité. VRAIMENT utilement cette fois, sinon, si c'est pour, et ça va avec, développer une navette seconde génération horriblement chère, et donc un ensemble sans retombées au service des hommes et de l'amélioration exponentielle au service des populations, je ne vois pas trop l'intérêt... On a vu avec l'ISS actuelle les limites. Un complexe orbital qui a apporté quoi ? Et surtout, à quel prix ? Des navettes ravitailleuses en transport lourd et en équipages de maintenance, mais qui ont fait quoi en rapport qualité/prix ? De plus, et dans la majorité des cas, des navettes incapables de décoller à l'heure, ce qui faisait gonfler la facture...
J'attends toujours des réponses à ces questions...
Alors si c'est pour faire une ISS2 et une flotte de navettes dans cette continuité, là je dis non, et cent fois non !
Si c'est pour s'extasier devant un lancement avec des coeurs à la place des yeux, limite larmes, et la bouche béatement ouverte parce que ça fait du bruit et que c'est joli à voir, c'est encore pire. Réservons cela à ceux qui ne sont pas encore sortis de l'enfance et qui sont remplis d'admiration comme des gosses devant un jouet dans lequel on a mis des piles neuves !
Ce n'est pas cela, la vraie exploration spatiale par l'Homme.
Je dirais qu'il faut accepter le gap actuel, miser sur le BEO et le NEO même si cela prend du retard, car il y aura des jours meilleurs pour l'espace. Les précurseurs seront les sondes et les robots de plus en plus sophistiqués, qui ouvriront la voie aux nouveaux explorateurs.
Il vaut mieux ne pas avoir d'ISS, et réserver les finances aux projets d'exploration plus ambitieux, car de toute façon, l'accès à l'espace ne sera jamais rentable, qu'il soit en LEO ou plus loin...
Beaucoup ont dit qu'Apollo n'a servi à rien. Je ne suis évidemment pas d'accord. Apollo a servi au minimum (hors considérations politiques) à aller se poser sur un autre astre, l'explorer petitement (et c'est pourquoi il faut y retourner et y construire). Je les "contre" car ceux-là ont pour argument qu'Apollo a coûté très cher et prétendent que ce programme n'a servi à rien mis à part une victoire politique sur les Soviétiques de l'époque. Je leur réponds : quel est le coût global de l'ISS et des navettes en 30 ans et pour quelles retombées ?
Rien qu'en terme de lanceur, 110 mètres de haut et quelques 2600 tonnes au décollage, un engin (des engins) capables d'atteindre la Lune il y a plus de 40 ans... La pauvre petite navette fait bien piètre figure, et l'ISS fait elle, figure d'un mécano en fait pas si gigantesque que cela... Le volume d'habitabilité de skylab était supérieur en 1973...
Pardon du peu, mais un nouveau système ISS2/navettes en orbite terrestre, après ce que l'on a vu durant 30 ans, plus jamais : il faut absolument éviter cela, ce serait de la régression et de l'argent, beaucoup d'argent jeté par les fenêtres...

Amicalement.
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fan de ducrocq
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MessageSujet: Re: Grandeur et misère du programme spatial américain   Grandeur et misère du programme spatial américain - Page 2 Icon_minitimeLun 17 Oct 2011 - 14:45

Il y a dix ans...

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MessageSujet: Re: Grandeur et misère du programme spatial américain    Grandeur et misère du programme spatial américain - Page 2 Icon_minitimeMar 18 Oct 2011 - 11:44

Merci Fan de Ducrocq pour ce rappel.
LM-5 a écrit:
Citation :
Du coup, cher Explorer, je ne comprends plus vraiment, si comme tu le préconises, les américains se décident à renoncer à Orion et le SLS, fers de lance de l'espace habité lointain avant disons, la moitié de notre siècle. Que faut-il faire alors ? Pour objectifs modestes, il reste : une ISS2 ? A la limite, je serais assez d'accord à condition que cette nouvelle station serve utilement à l'Humanité. VRAIMENT utilement cette fois, sinon, si c'est pour, et ça va avec, développer une navette seconde génération horriblement chère, et donc un ensemble sans retombées au service des hommes et de l'amélioration exponentielle au service des populations, je ne vois pas trop l'intérêt... On a vu avec l'ISS actuelle les limites. Un complexe orbital qui a apporté quoi ? Et surtout, à quel prix ? Des navettes ravitailleuses en transport lourd et en équipages de maintenance, mais qui ont fait quoi en rapport qualité/prix ? De plus, et dans la majorité des cas, des navettes incapables de décoller à l'heure, ce qui faisait gonfler la facture...
J'attends toujours des réponses à ces questions...
Ce que je voulais souligner c’est que la marge de manœuvre s’est considérablement réduite depuis quelques années. Des propositions sont faites ça et là pour relancer le spatial habité mais force est de constater que l‘ensemble manque totalement de cohérence. Que faire?
- Construire une ISS 2, sachant que l’actuelle station est déjà très contestée et qu’il n’y a plus de navette ? Personne ne semble y songer. Trop coûteuse avec trop peu de retour scientifique. J’ai lu qu’il était envisagé de récupérer certains éléments de la station pour en bricoler une nouvelle ou pour expédier certains modules vers la Lune. Cela semble assez peu crédible. Et après on fait quoi?
- Des missions habitées vers la Lune? Seulement il se trouve qu’Obama a abandonné le programme Constellation. Programme jugé trop coûteux (surtout dans le contexte financier et économique actuel). Etrangement la capsule Orion et le SLS ont survécu... mais n’ont plus de destination claire. C‘est la fuite en avant et peut-être va-t-on droit dans le mur? Ce qui est certain c'est que le SLS et Orion vont pomper le budget de la NASA, mettant en péril certains programmes scientifiques, et cela peut-être en pure perte, puisqu’au final, on ne sera pas plus avancé pour la destination.
- Une mission habitée vers Mars? Beaucoup trop complexe (les technologies, dit-on, ne sont pas assez mûres) et encore beaucoup plus coûteux qu‘un retour vers la Lune. Cela fait des dizaines d’années qu’on nous annonce (pour bientôt) un programme martien et l’objectif paraît toujours aussi lointain.
- Une mission habitée vers un astéroïde? A première vue c’est moins complexe et moins coûteux qu’une mission martienne mais est-ce moins complexe et moins coûteux qu’un mission lunaire? Si on a abandonné la Lune c’est justement en raison de son coût (même si on maîtrisait la technologie); alors comment justifier une mission vers une astéroïde? Par son intérêt scientifique? A ce compte-là il vaut mieux s’en remettre aux sondes automatiques. Leur bilan est déjà fantastique. Autre question: s’il faut mobiliser de gros moyens (avec un budget serré) pour une seule mission habitée vers un astéroïde, que feront le reste du temps les astronautes?
- Alors tout miser sur le transport commercial et le tourisme spatial ? Cela fait des décennies qu’on en parle et, dans le contexte actuel de crise, j’ai de sérieux doutes. N'était-ce pas l'objectif de feu la navette?

Comme j'ai essayé de le montrer, mettre en place, aujourd'hui, un programme spatial cohérent c’est vraiment la quadrature du cercle. Alors, pour sortir de l’impasse actuelle, des sacrifices douloureux seront sans doute nécessaires... et tant pis pour notre ego !

Amicalement à vous tous
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MessageSujet: Re: Grandeur et misère du programme spatial américain   Grandeur et misère du programme spatial américain - Page 2 Icon_minitimeLun 31 Oct 2011 - 13:30

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Citation :
Pour un pays qui a investi tant et aussi longtemps dans l'espace, cette situation est lamentable et inacceptable. » L'auteur de ce coup de gueule est une légende vivante d'ordinaire très discret. Aujour-d'hui âgé de quatre-vingt un ans, Neil Armstrong décernait à la fin septembre cet incroyable bonnet d'âne au gouvernement américain, soupçonné de sacrifier la conquête spatiale sur l'autel de la rigueur. « Nous allons rester pendant un temps indéterminé sans lanceur pour desservir la station spatiale », regrette le commandant d'« Apollo 11 ». Eugene Cernan, un autre vétéran de la Nasa a la dent encore plus dure. « Remettez donc la navette spatiale en service », suggère celui qui fut, en 1972, le dernier homme à marcher sur la Lune.

Le débat est tout aussi vif en Europe. Comment financer l'exploration de l'univers quand l'argent public se fait rare ? Le Vieux Continent peut-il préserver sa troisième place mondiale derrière les Etats-Unis et la Russie ? Faut-il se rapprocher de la Chine et de l'Inde, puissances montantes du secteur ? « Le contribuable européen dépense 9 fois moins qu'un Américain dans l'espace », rappelle le directeur de l'Agence spatiale européenne (ESA), Jean-Jacques Dordain.

En fait, la recherche spatiale souffre depuis toujours du syndrome du « toujours plus » : des projets toujours plus lointains, des engins toujours plus gros et des missions toujours plus ambitieuses. Deux exemples de coopération entre les Etats-Unis et l'Europe montrent les limites de cet exercice : le télescope spatial James Webb (JWST) et la mission ExoMars. Le premier doit succéder à Hubble, lancé en 1990 et désormais condamné, faute de navette pour assurer sa maintenance. Le second est un double débarquement de robots mobiles sur la Planète rouge prévu pour 2016 et 2018.

...
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MessageSujet: Re: Grandeur et misère du programme spatial américain   Grandeur et misère du programme spatial américain - Page 2 Icon_minitimeLun 31 Oct 2011 - 17:03

fan de ducrocq a écrit:
Quel avenir pour la recherche spatiale ?

Citation :
Pour un pays qui a investi tant et aussi longtemps dans l'espace, cette situation est lamentable et inacceptable. » L'auteur de ce coup de gueule est une légende vivante d'ordinaire très discret. Aujour-d'hui âgé de quatre-vingt un ans, Neil Armstrong décernait à la fin septembre cet incroyable bonnet d'âne au gouvernement américain, soupçonné de sacrifier la conquête spatiale sur l'autel de la rigueur. « Nous allons rester pendant un temps indéterminé sans lanceur pour desservir la station spatiale », regrette le commandant d'« Apollo 11 ». Eugene Cernan, un autre vétéran de la Nasa a la dent encore plus dure. « Remettez donc la navette spatiale en service », suggère celui qui fut, en 1972, le dernier homme à marcher sur la Lune.

Le débat est tout aussi vif en Europe. Comment financer l'exploration de l'univers quand l'argent public se fait rare ? Le Vieux Continent peut-il préserver sa troisième place mondiale derrière les Etats-Unis et la Russie ? Faut-il se rapprocher de la Chine et de l'Inde, puissances montantes du secteur ? « Le contribuable européen dépense 9 fois moins qu'un Américain dans l'espace », rappelle le directeur de l'Agence spatiale européenne (ESA), Jean-Jacques Dordain.

En fait, la recherche spatiale souffre depuis toujours du syndrome du « toujours plus » : des projets toujours plus lointains, des engins toujours plus gros et des missions toujours plus ambitieuses. Deux exemples de coopération entre les Etats-Unis et l'Europe montrent les limites de cet exercice : le télescope spatial James Webb (JWST) et la mission ExoMars. Le premier doit succéder à Hubble, lancé en 1990 et désormais condamné, faute de navette pour assurer sa maintenance. Le second est un double débarquement de robots mobiles sur la Planète rouge prévu pour 2016 et 2018.

...
"Pour un pays qui a investi tant et aussi longtemps dans l'espace, cette situation est lamentable et inacceptable." L'auteur de ce coup de gueule est une légende vivante d'ordinaire très discret. Aujour-d'hui âgé de quatre-vingt un ans, Neil Armstrong décernait à la fin septembre cet incroyable bonnet d'âne au gouvernement américain, soupçonné de sacrifier la conquête spatiale sur l'autel de la rigueur. « Nous allons rester pendant un temps indéterminé sans lanceur pour desservir la station spatiale », regrette le commandant d'« Apollo 11 ».
Neil Armstrong a raison. Qui d'autre que lui peut avoir un autre raisonnement... raisonné ?

Eugene Cernan, un autre vétéran de la Nasa a la dent encore plus dure. « Remettez donc la navette spatiale en service », suggère celui qui fut, en 1972, le dernier homme à marcher sur la Lune.
Gene Cernan a tort. Remettre la navette spatiale en service est la plus grosse bêtise à ne pas faire. Les navettes ont eues leurs années de gloire, deux ont été perdues et leur passif est de 14 morts.
... A moins que l'on accepte des risques encore plus lourds en vies humaines, et cela, c'est une autre histoire...

Le débat est tout aussi vif en Europe. Comment financer l'exploration de l'univers quand l'argent public se fait rare ? Le Vieux Continent peut-il préserver sa troisième place mondiale derrière les Etats-Unis et la Russie ? Faut-il se rapprocher de la Chine et de l'Inde, puissances montantes du secteur ?
Les voix Européennes n'ont pas droit de citer dans ce débat, qui est polarisé sur le man-rated.
L'Europe en est absente, s'est concentrée sur le créneau commercial de lancements de satellites, avec réussite.
L'Europe doit se souvenir qu'elle a abandonné Hermes, et le fait d'envoyer des hommes dans l'espace ! En ce sens, Arianespace est atypique : leader du fait, et paradoxalement détentrice d'un lanceur hyper fiable, Ariane 5. wink
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lunarjojo

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MessageSujet: Re: Grandeur et misère du programme spatial américain   Grandeur et misère du programme spatial américain - Page 2 Icon_minitimeLun 31 Oct 2011 - 18:33

LM-5 a écrit:
fan de ducrocq a écrit:

Citation :
Pour un pays qui a investi tant et aussi longtemps dans l'espace, cette situation est lamentable et inacceptable. » L'auteur de ce coup de gueule est une légende vivante d'ordinaire très discret. Aujour-d'hui âgé de quatre-vingt un ans, Neil Armstrong décernait à la fin septembre cet incroyable bonnet d'âne au gouvernement américain, soupçonné de sacrifier la conquête spatiale sur l'autel de la rigueur. « Nous allons rester pendant un temps indéterminé sans lanceur pour desservir la station spatiale », regrette le commandant d'« Apollo 11 ».

Neil Armstrong a raison. Qui d'autre que lui peut avoir un autre raisonnement... raisonné ?

On dit que l'histoire se répète. Mais pour cela, il faut que les conditions soient pratiquement identiques. Neil Armstrong a vu son pays atteindre la Lune. Mais ce pays était celui du plein emploi, d'une force morale reconnue dans le monde occidental, et faisait office de banquier pour les autres nations à la peine (rappelez-vous le plan Marschall). Aujourd'hui, son pays compte 18% de sa population au chômage, une pauvreté qui a atteint un niveau jamais observé, a perdu de sa force morale au vu des politiques économiques et militaires pratiquées ces dernières années, et tend la main pour boucler ses fins de mois. L'espace, et particulièrement l'espace habité, est une danseuse qui coûte très cher. Pas étonnant que les responsables américains hésitent à s'engager.
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MessageSujet: Re: Grandeur et misère du programme spatial américain   Grandeur et misère du programme spatial américain - Page 2 Icon_minitimeLun 31 Oct 2011 - 22:13

lunarjojo a écrit:
LM-5 a écrit:
fan de ducrocq a écrit:

Citation :
Pour un pays qui a investi tant et aussi longtemps dans l'espace, cette situation est lamentable et inacceptable. » L'auteur de ce coup de gueule est une légende vivante d'ordinaire très discret. Aujour-d'hui âgé de quatre-vingt un ans, Neil Armstrong décernait à la fin septembre cet incroyable bonnet d'âne au gouvernement américain, soupçonné de sacrifier la conquête spatiale sur l'autel de la rigueur. « Nous allons rester pendant un temps indéterminé sans lanceur pour desservir la station spatiale », regrette le commandant d'« Apollo 11 ».

Neil Armstrong a raison. Qui d'autre que lui peut avoir un autre raisonnement... raisonné ?

On dit que l'histoire se répète. Mais pour cela, il faut que les conditions soient pratiquement identiques. Neil Armstrong a vu son pays atteindre la Lune. Mais ce pays était celui du plein emploi, d'une force morale reconnue dans le monde occidental, et faisait office de banquier pour les autres nations à la peine (rappelez-vous le plan Marschall). Aujourd'hui, son pays compte 18% de sa population au chômage, une pauvreté qui a atteint un niveau jamais observé, a perdu de sa force morale au vu des politiques économiques et militaires pratiquées ces dernières années, et tend la main pour boucler ses fins de mois. L'espace, et particulièrement l'espace habité, est une danseuse qui coûte très cher. Pas étonnant que les responsables américains hésitent à s'engager.
Certes mon cher Lunarjojo, l'Histoire avec un grand "H" se répète.
Surtout au niveau "terrestre". J'oserais dire "seulement au niveau terrestre". Il n'est pas nouveau que l'exploration spatiale, quelle qu'elle soit, ne procure aucune rentabilité. Seul le marché des satellites de télécommunication et plusieurs autres ont contribué au bien-être de tout un chacun ici-bas.
Ce qui m'amène à la question, et au grand problème du moment :
L'homme dans l'espace, puis sur la Lune furent de grands challenges. Mais l'homme dans l'espace maintenant, pour quoi faire ?
L'exploration spatiale par l'Homme est sujette à interrogations. Après l'âge 1 (la curiosité, la découverte) arrive l'âge que je qualifierais de 1-bis. L'Homme ne sait plus quoi y faire et le coût est exorbitant. La technologie ne suffit pas pour suivre l'état des finances, et l'Homme en tant qu'entité physiologique et psychologique non plus.
Il y aura un âge 2 de l'exploration spatiale, c'est certain. Mais avant cela, il faudra encore progresser. Il manque trop de paramètres humains.
Beaucoup rêvent de Mars. Nous en sommes encore très loin !
Les sondes, de plus en plus sophistiquées, ont un bel avenir devant elles, et il nous faudra bien admettre ce fait.
Avant la Lune, les précurseurs n'ont-ils pas eus comme noms Luna, Surveyor, et j'en passe ?

Amicalement.
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MessageSujet: Re: Grandeur et misère du programme spatial américain   Grandeur et misère du programme spatial américain - Page 2 Icon_minitimeMar 1 Nov 2011 - 1:43

Je partage tout à fait vos commentaires. La conquête de l'espace, j'y ai cru à fond durant les années 60, particulièrement depuis 1969 depuis les premiers pas de l'Homme sur la Lune (Bon, je sais, je me répète). Et puis la Lune a été abandonnée laissant pas mal d'incertitudes. Et si l'Homme ne retournait plus jamais sur la Lune, et si le Space Shuttle, en cours de développement, conduisait à une impasse ? Déjà à l'époque je m'interrogeais sur son curieux design, sur la sécurité des astronautes, sur la rentabilité de cet engin présenté comme révolutionnaire. Bon, avec tout le matraquage médiatique, il fallait faire confiance; les Américains, en ce temps-là, étaient pétris de certitudes. La catastrophe de Challenger en 1986 mais surtout l'incapacité persistante des Américains à concrétiser leurs ambitions (qui étaient, rappelons-le, immenses dans les années 60) ont fait vaciller mes certitudes. A entendre certains commentateurs de l'époque, la fin de la guerre froide était une chance inespérée pour l'exploration spatiale habitée. La fin de la guerre froide permettait pour la première fois le rapprochement des grandes nations spatiales, favorisait donc la coopération. On affirmait aussi que la baisse des budgets militaires profiterait à l'espace civil. Vers la fin des années 80, une fois de plus tous les espoirs semblaient promis. Les années ont passé et nous savons que la réalité s'est révélée bien différente. Avec la fin de la guerre froide les budgets des agences spatiales ont toujours été aussi insuffisants pour concrétiser de grands programmes d'exploration; conséquence, ils étaient toujours repoussés à plus tard (le programme spatial Russe était même sinistré). Paradoxe, la navette US pompait une grande partie des ressources budgétaires alors même, que pendant des années, elle n'avait aucune destination. Le seul grand programme habité "américain" qui a fini par se concrétiser, avec beaucoup de retard, a été l'ISS, sauvée d'ailleurs de justesse grâce à la coopération... mais à quel prix! Sans doute un exemple de coopération... qui a aussi permis d'en voir les limites. Et depuis plus rien ! C'est la panade! Doute, méfiance, semblent avoir désormais gagné les Américains. En dépit de déclarations qui se veulent rassurantes nous sommes toujours dans l’incertitude. Mais plus pour longtemps! Mon sentiment c'est que la crise économique et financière, qui est devenue chronique, est, peut-être, entrain de nous faire basculer dans un autre monde, un monde de pénurie, un monde où l'Homme n'aurait plus sa place dans l'espace.
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MessageSujet: Re: Grandeur et misère du programme spatial américain   Grandeur et misère du programme spatial américain - Page 2 Icon_minitimeMar 1 Nov 2011 - 9:20

LM-5 a écrit:
[....L'homme dans l'espace, puis sur la Lune furent de grands challenges. Mais l'homme dans l'espace maintenant, pour quoi faire ?
.....

je n'ai qu'une seule réponse: de la science ... mais peu de gens sont capables de l'entendre
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MessageSujet: Re: Grandeur et misère du programme spatial américain    Grandeur et misère du programme spatial américain - Page 2 Icon_minitimeSam 5 Nov 2011 - 10:03

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Note d’information de la Mars Society du 26 Octobre 2011.

Traduction par Pierre Brisson

Obama se prépare à faire sauter la NASA.

Par Robert Zubrin, Washington Times, le 26/10/2011.

D’après des personnes bien informées, l’Administration Obama a, dans son nouveau budget, l’intention de mettre fin au programme d’exploration planétaire de la NASA. Le rover Curiosity de la mission Mars Science Laboratory sera lancé puisqu’il est prêt à partir, tout comme le petit orbiteur MAVEN prévu pour 2013 et qui est presque terminé mais ce sera tout. Aucune autre mission n’est prévue, quelle que soit la destination.

En 2013, la remarquable histoire de l’exploration planétaire par l’Amérique qui a commencé avec les sondes Mariner dans les années 1960, a continué avec le remarquable Pioneer et s’est poursuivie avec Viking, Voyager, Pathfinder, Mars Global Surveyor, Mars Odyssey, Spirit, Opportunity, Mars Reconnaissance Orbiter, les missions Galileo et Cassini, va tout simplement prendre fin.


Plus encore, le projet de l’« OMB », Office of Manangement and Budget (NdT : service de l’administration fédérale qui permet au président des Etats-Unis de coordonner et de contrôler les budgets fédéraux), laisse également à la dérive et voue à une destruction probable, le programme d’astronomie spatiale. Le télescope Képler actuellement en orbite, sera abandonné au milieu de sa mission, avant qu’il puisse réaliser son objectif de trouver d’autres Terres. Pire encore, le magnifique télescope Webb, fleuron de l’agence spatiale, qui promet des percées fondamentales dans notre compréhension des lois de l’Univers, n’est pas suffisamment financé pour qu’on puisse espérer qu’il soit terminé de façon satisfaisante. Ceci implique des retards supplémentaires et coûteux avec des dépassements budgétaires qui conduiront inévitablement à son annulation.


La décision de l’Administration de faire dérailler l’exploration planétaire et l’astronomie spatiale est choquante et laisse présager la destruction de l’ensemble du programme spatial américain. En tant qu’agence la NASA est un être hybride. C’est une vaste bureaucratie dispendieuse et gâcheuse. Mais elle comprend aussi des départements techniques superbes et qui font vraiment leur travail. Les départements les plus productifs de la NASA sont d’abord et avant tout ceux des programmes d’exploration planétaire et d’astronomie spatiale. Si on les tue, ce qui reste sera indéfendable.


Les programmes planétaires et d’astronomie spatiale de la NASA ne représentent pas que du bon travail scientifique. Ce sont aussi des entreprises qui ont une dimension qu’on peut qualifier d’épique car elles expriment les idéaux les plus élevés de l’humanité dans sa recherche de la vérité. Grace à une série de sondes envoyées avec succès autour de et sur la Planète Rouge au cours des 15 dernières années, nous savons maintenant avec certitude que Mars était autrefois une planète chaude et humide et qu’elle a continué à avoir une hydrosphère active pendant environ un milliard d’années (une période cinq fois plus longue que celle qui a été nécessaire pour que la Vie apparaisse sur Terre après qu’il y ait eu de l’eau liquide). Ainsi, s’il est vrai que la Vie est un phénomène chimique naturel qui se manifeste partout où il y a de l’eau liquide, divers minéraux et qu’on dispose d’une période de temps suffisante, la Vie doit être apparue sur la planète Mars. Si nous pouvons le constater, nous aurons de bonnes raisons de croire que nous ne sommes pas seuls dans l’Univers.


L’observatoire Képler a découvert plus de 1.000 autres systèmes solaires et, si on lui permet de continuer à fonctionner, il pourrait bien trouver d’autres mondes comme le nôtre. Le télescope spatial Hubble a découvert que l’expansion de l’Univers s’accélère, signalant l’existence d’une force fondamentale de la Nature qui était auparavant inconnue. Le télescope Webb sera cinq fois plus puissant que Hubble. S’il peut être achevé et lancé, il est impossible de dire quelles découvertes il pourrait faire. Des lois de la gravité à la fusion nucléaire, beaucoup de nos découvertes les plus importantes en physique ont été faites par l’astronomie. Nous n’avons aucune idée de ce qu’ont été les processus qui ont permis la création de la matière, de l’énergie et de l’Univers. Webb pourrait nous aider à le découvrir. Les gains potentiels que l’humanité pourrait réaliser à partir de nouvelles connaissances de ce type, sont au-delà de ce que l’on peut calculer.


La raison mise en avant pour justifier la décision de l’Administration de tuer l’exploration planétaire et l’astronomie spatiale, est la discipline budgétaire. Pourtant, alors que les dépenses fédérales ont augmenté de 40 pour cent depuis 2008, le financement de la NASA est resté pratiquement le même. Ce n’est pas la NASA qui met en faillite l’Amérique mais l’OMB. Si l’Administration a besoin de réduire les budgets, elle devrait commencer par ceux des organismes de règlementation qui étranglent les entreprises du pays plutôt que celui de la NASA qui aide l’économie à travers les découvertes scientifiques, l’innovation technologique et l’inspiration des jeunes à poursuivre des carrières d’ingénieurs. Par ailleurs, s’il y avait besoin de restreindre les dépenses de la NASA, il serait plus logique de couper presque partout ailleurs dans cette organisation. Au lieu de cela, l’objectif de l’Administration semble être de détruire totalement le programme spatial en le frappant dans ses parties les plus vitales.


L’abandon du magnifique programme d’exploration des Etats-Unis est une offense à la Science et à la Civilisation. Elle représente une rupture radicale avec l’esprit pionnier et sa ratification comme politique, exclurait toute possibilité d’un avenir dans l’Espace pour l’Homme. C’est une décision inexcusable et elle doit être annulée.


Robert Zubrin est le président de Pioneer Astronautics et l’auteur de « The Case for Mars : the plan to settle the Red Planet and Why we must” (free Press, 2011, second edition).
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MessageSujet: Re: Grandeur et misère du programme spatial américain   Grandeur et misère du programme spatial américain - Page 2 Icon_minitimeSam 5 Nov 2011 - 13:57

serait-ce les prémices d'une refonte de la NASA ou de la migration vers un nouveau système (nouvelle agence ou autre chose)?

dans cette optique là, et comme j'ai déjà exprimé mon opinion à ce sujet, ce serait un mal pour un bien

La plus que cinquantenaire NASA mérite un coup de balai à la hauteur de nouvelles ambitions. Reste à définir ce que l'on crée et avec quels objectifs et avec quels moyens, car c'est là l'essentiel

Ce sera un virage difficile car créer une nouvelle structure est assez facile à réaliser, mais quid du personnel? Combien d'emplois directs et indirects actuellement? Et les projets en cours de réalisation? etc ... etc...
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MessageSujet: Re: Grandeur et misère du programme spatial américain    Grandeur et misère du programme spatial américain - Page 2 Icon_minitimeJeu 10 Nov 2011 - 0:11

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La politique spatiale américaine n'est toujours pas sortie du bourbier. On sent un certain désarroi parmi les responsables... car le temps commence à presser. Si j'ai bien compris il y a le lobby du SLS-Orion d'un côté, et le lobby des vols commerciaux de l'autre. Chaque camp se considère comme prioritaire, d'où ce bras de fer pour obtenir plus de financement de la part de l'État, quitte à prendre les dollars dans le camp adverse. Alors quelle solution? Favoriser le SLS-Orion au détriment des vols commerciaux peut mener à l'impasse, mais favoriser les vols commerciaux au détriment du SLS-Orion peut aussi mener à l'impasse. Alors faut-il couper le poire en deux avec un budget d'austérité? Rien n'est moins sûr. Les deux camps risquent d'en faire les frais.
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MessageSujet: Re: Grandeur et misère du programme spatial américain   Grandeur et misère du programme spatial américain - Page 2 Icon_minitimeJeu 10 Nov 2011 - 16:50

A noter, nonobstant le titre de ce sujet, que du côté Russe, l'horizon n'est pas plus rose qu'aux USA.
Les problèmes Russes revêteraient-ils une gravité plus importante dans le moment ? La question mérite d'être posée...
Les échecs se succèdent, et notons que beaucoup de choses bougent à la tête de l'agence Roskosmos, et pas forcément dans le bon sens... Des dissensions existent, or, ne perdons pas de vue que les Américains comptent sur Soyouz pour mener des équipages à destination de l'ISS jusqu'à 2016, au bas mot.
Les Russes commencent à en avoir assez de l'ISS, ce n'est pas nouveau. Ce qui fait que celle-ci est plus que jamais en sursis. Il est de mise que le dicton "ne pas mettre tous ses oeufs dans le même panier" n'a jamais autant été d'actualité. Et le prix des sièges...
Que se passerait-il pour l'ISS si un ou deux échecs de Soyouz se produisait ?
Toute l'infrastructure spatiale Américaine, à chaque lancement d'un Soyouz habité, fera désormais un signe de croix au décollage pour que tout se passe bien... pale
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MessageSujet: Re: Grandeur et misère du programme spatial américain   Grandeur et misère du programme spatial américain - Page 2 Icon_minitimeJeu 10 Nov 2011 - 19:15

LM-5 a écrit:

Les Russes commencent à en avoir assez de l'ISS, ce n'est pas nouveau. Ce qui fait que celle-ci est plus que jamais en sursis. Il est de mise que le dicton "ne pas mettre tous ses oeufs dans le même panier" n'a jamais autant été d'actualité. Et le prix des sièges...

Un peu étonnant, comme analyse. Contrairement aux Américains, les Russes n'ont pas de programme de rechange. Des projets, à la pelle! Mais de véritables programmes financés qui seraient la suite à une ISS soi-disant décriée, point! Il ne leur reste plus que la station spatiale internationale à se mettre sous la dent. Aussi n'ont-ils pas le choix: c'est l'ISS ou la fin des vols habités russes.
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MessageSujet: Re: Grandeur et misère du programme spatial américain   Grandeur et misère du programme spatial américain - Page 2 Icon_minitimeJeu 10 Nov 2011 - 19:22

Explorer a écrit:
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Note d’information de la Mars Society du 26 Octobre 2011.

Ce texte est écrit pour l'opinion publique américaine: on rappelle les missions prestigieuses de la NASA, ses succès (on passe sous silence les échecs). C'est tout juste si en le lisant, on n'entend pas l’hymne américain et flotter la bannière étoilée. C'est typiquement un texte de lobbying public, écrit par un homme qui a fait de l'exploration martienne habitée son fond de commerce.

Robert Zubrin a des arguments curieux: il râle contre l’abandon éventuel de missions scientifiques, alors que par ailleurs il est partisan d'une conquête habitée de Mars. Si son programme était appliqué, et vu son coût (quoiqu'il en dise), aucune mission scientifique ne pourrait voir le jour, à moins d'une augmentation pharamineuse du budget spatial. Rappelons-nous quand même que lors des missions Apollo, de nombreux scientifiques pestaient contre une réduction de leurs budgets, car priorité était donnée à l'homme sur la Lune. Zubrin met en avant les missions scientifiques, mais son objectif va bien au-delà: c'est l'homme sur Mars. Toutes ses interventions vont vers ce but, et je serais bien curieux de voir sa réaction si l'argent du JWST allait vers un programme martien habité.

Enfin, Robert Zubrin fait comme si les USA de 2011 sont ceux de 1959. Une dette colossale qui n'est plus tenable, une économie surtout tournée vers les services, un risque de crise financière apocalyptique et on fait comme si rien n'était. Pire même, le passage "Si l’Administration a besoin de réduire les budgets, elle devrait commencer par ceux des organismes de règlementation qui étranglent les entreprises du pays"montre à quel point il fait fausse route: c'est justement les dérèglementations successives, en particulier financières, qui font que l’on n’est pas prêt d'aller sur Mars. Zubrin voit (ou fait semblant de voir) le pays tel qu'il était il y a 40 ans, alors que, sans le rôle de monnaie de réserve du dollar, les USA seraient en faillite. Les USA doivent adapter leur politique à leurs moyens, et le spatial n'échappera pas à la règle. Mais ça risque de faire mal.

Cordialement
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MessageSujet: Re: Grandeur et misère du programme spatial américain   Grandeur et misère du programme spatial américain - Page 2 Icon_minitimeJeu 10 Nov 2011 - 19:30

lunarjojo a écrit:
LM-5 a écrit:

Les Russes commencent à en avoir assez de l'ISS, ce n'est pas nouveau. Ce qui fait que celle-ci est plus que jamais en sursis. Il est de mise que le dicton "ne pas mettre tous ses oeufs dans le même panier" n'a jamais autant été d'actualité. Et le prix des sièges...

Un peu étonnant, comme analyse. Contrairement aux Américains, les Russes n'ont pas de programme de rechange. Des projets, à la pelle! Mais de véritables programmes financés qui seraient la suite à une ISS soi-disant décriée, point! Il ne leur reste plus que la station spatiale internationale à se mettre sous la dent. Aussi n'ont-ils pas le choix: c'est l'ISS ou la fin des vols habités russes.
Et vlan ! Mon cher ami (je l'adoreeeeee) me met de nouveau des coups de pieds (sympathiques) dans mes bottes bretonnes !Grandeur et misère du programme spatial américain - Page 2 4520044
Où est le programme de substitution des Américains dans le court terme ? :blink:
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MessageSujet: Re: Grandeur et misère du programme spatial américain   Grandeur et misère du programme spatial américain - Page 2 Icon_minitimeJeu 10 Nov 2011 - 21:25

LM-5 a écrit:
lunarjojo a écrit:
LM-5 a écrit:

Les Russes commencent à en avoir assez de l'ISS, ce n'est pas nouveau. Ce qui fait que celle-ci est plus que jamais en sursis. Il est de mise que le dicton "ne pas mettre tous ses oeufs dans le même panier" n'a jamais autant été d'actualité. Et le prix des sièges...

Un peu étonnant, comme analyse. Contrairement aux Américains, les Russes n'ont pas de programme de rechange. Des projets, à la pelle! Mais de véritables programmes financés qui seraient la suite à une ISS soi-disant décriée, point! Il ne leur reste plus que la station spatiale internationale à se mettre sous la dent. Aussi n'ont-ils pas le choix: c'est l'ISS ou la fin des vols habités russes.
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Y a pas: ces bretons, faut tout leur dire clown clown

Ben, le programme américain, c'est le SLS et Orion. Au moins, ils existent. Et apparemment, ils accélèrent: 2014, c'est demain, pour un programme spatial.

Les Russes, sur quoi voulez-vous qu'ils s'ébaudissent? Ils n'ont sur le feu qu'une nouvelle série de fusées conventionnelles et un nouveau pas de tir. Question programme habité, c'est mince. Et question conquête des astres, c'est le grand trou noir. Leur seule ambition, c'est l'ISS; Seraient-ils capable de mettre une nouvelle station en orbite en cas d'arrêt de l'actuelle: j'en doute. Le programme habité russe ne tient que par l'ISS. C'est pourquoi ils feront tout pour la maintenir. A moins d'un arrêt du spatial habité russe pale
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MessageSujet: Re: Grandeur et misère du programme spatial américain   Grandeur et misère du programme spatial américain - Page 2 Icon_minitimeJeu 10 Nov 2011 - 22:31

lunarjojo a écrit:
LM-5 a écrit:
lunarjojo a écrit:
LM-5 a écrit:

Les Russes commencent à en avoir assez de l'ISS, ce n'est pas nouveau. Ce qui fait que celle-ci est plus que jamais en sursis. Il est de mise que le dicton "ne pas mettre tous ses oeufs dans le même panier" n'a jamais autant été d'actualité. Et le prix des sièges...

Un peu étonnant, comme analyse. Contrairement aux Américains, les Russes n'ont pas de programme de rechange. Des projets, à la pelle! Mais de véritables programmes financés qui seraient la suite à une ISS soi-disant décriée, point! Il ne leur reste plus que la station spatiale internationale à se mettre sous la dent. Aussi n'ont-ils pas le choix: c'est l'ISS ou la fin des vols habités russes.
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Ben, le programme américain, c'est le SLS et Orion. Au moins, ils existent. Et apparemment, ils accélèrent: 2014, c'est demain, pour un programme spatial.

Les Russes, sur quoi voulez-vous qu'ils s'ébaudissent? Ils n'ont sur le feu qu'une nouvelle série de fusées conventionnelles et un nouveau pas de tir. Question programme habité, c'est mince. Et question conquête des astres, c'est le grand trou noir. Leur seule ambition, c'est l'ISS; Seraient-ils capable de mettre une nouvelle station en orbite en cas d'arrêt de l'actuelle: j'en doute. Le programme habité russe ne tient que par l'ISS. C'est pourquoi ils feront tout pour la maintenir. A moins d'un arrêt du spatial habité russe pale
Lol ! Very Happy
Les Russes ont beau rôle cher Lunarjojo : nos amis Américains comptent sur eux, pour envoyer leurs astronautes vers l'ISS à l'aide des Soyouz. C'est une chose certaine.
Et c'est bien pour cela qu'ils font monter les enchères, sachant pertinemment que l'accès des programmes privés à l'ISS "man rated" (pas un seul n'est capable de le faire à ce jour), leur laisse toute latitude pour avoir le monopole.
Les USA, avec l'arrêt des navettes et des "privés" qui ne sont pas au point, sont dans une impasse terrible. Ceci, c'était pour l'ISS.
Et c'est grave ! L'espace Russe, je le répète, tire les marrons du feu ! Mais nous nous apercevons qu'eux aussi (nos amis Russes) ont des problèmes structurels. Roskosmos est aussi en crise. De plus, ils accumulent des échecs.
Décidément, rien ne va plus à l'Est et à l'Ouest spatial, et ça commence à être vraiment inquiétant...
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MessageSujet: Re: Grandeur et misère du programme spatial américain    Grandeur et misère du programme spatial américain - Page 2 Icon_minitimeSam 12 Nov 2011 - 11:32

L'argumentation de Lunarjojo est très pertinente mais LM-5 ne se défend pas mal non plus. wink
Si on fait une extrapolation de la situation actuelle le verdict est impitoyable: c'est la fin des vols habités (pour les Américains comme pour les Russes). Quant aux Chinois je doute qu'ils fassent cavalier seul. Avec la mondialisation ils seront tôt ou tard rattrapés par la crise économique et financière...
On me rétorquera que côté américain le SLS et Orion sont en cours de développement, que leur financement est assuré, que ces programmes sont du concret et donc que mon argumentation ne tient pas la route... OK! Wait and see!
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MessageSujet: Re: Grandeur et misère du programme spatial américain   Grandeur et misère du programme spatial américain - Page 2 Icon_minitimeSam 12 Nov 2011 - 15:02

Explorer a écrit:
...., que leur financement est assuré, ...!

une bonne petite recession là-dessus .. et alors? je ne suis pas aussi optimiste que cela; m^mee les projets en cours sont menacés ....
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MessageSujet: Re: Grandeur et misère du programme spatial américain   Grandeur et misère du programme spatial américain - Page 2 Icon_minitimeDim 13 Nov 2011 - 17:57

Qu'en pensait François de Closets en 1978? La navette ne volera que plus de trois ans plus tard...

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MessageSujet: Re: Grandeur et misère du programme spatial américain   Grandeur et misère du programme spatial américain - Page 2 Icon_minitimeDim 13 Nov 2011 - 20:26

François de Closets avait écrit un livre en 1969 "La Lune est à vendre", dans lequel il s'étonnait déjà de l'impasse du programme spatial américain. Alors que d'autres auteurs voyaient Mars après Apollo, il estimait que le programme Apollo était condamné. Un livre prémonitoire, mais il est difficile d'avoir raison trop tôt.
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MessageSujet: Re: Grandeur et misère du programme spatial américain   Grandeur et misère du programme spatial américain - Page 2 Icon_minitimeDim 13 Nov 2011 - 22:55

La navette a été développée pour sortir le programme spatial américains de l'impasse. Dans cet article de 1978 François de Closets critique vertement l'aventure lunaire mais approuve le programme navette en précisant bien que l'objectif prioritaire est de réduire le prix du kilo satellisé. Il affirme aussi que ce programme aurait dû être entrepris dès les années 60. Comme beaucoup de spécialistes du spatial, de cette époque, il s'est planté.

Soulignons que dès les années 60 les Américains s'intéressaient aux avions-fusée (X15, Dynasoar, lifting bodies..), ce que semble oublier François de Closets, et que, sans ce travail préparatoire, la navette n'aurait jamais vu le jour. Imaginons maintenant que les responsables politiques aient donné priorité à la navette plutôt qu'au programme lunaire, l'avenir du programme spatial américain aurait-il été plus brillant? Personnellement j'ai des doutes.
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MessageSujet: Re: Grandeur et misère du programme spatial américain   Grandeur et misère du programme spatial américain - Page 2 Icon_minitimeLun 14 Nov 2011 - 12:57

Juste avant le premier vol de la navette, l'interview de l'administrateur de la NASA Robert Frosch, parue dans [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien] du 1er janvier 1981:

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MessageSujet: Re: Grandeur et misère du programme spatial américain   Grandeur et misère du programme spatial américain - Page 2 Icon_minitimeLun 14 Nov 2011 - 14:43

Article très intéressant. Ce que je retiens c'est que le programme navette était sous-financé et que déjà, à l'époque, on avait imposé un budget d'austérité. Dans ces conditions la NASA ne pouvait pas faire de miracles. Dans le contexte des années 70 des économies s'imposaient après les "folles" dépenses d'Apollo... mais problème: comment concilier budget d'austérité et ambitions, comment faire passer la pilule à la NASA ? Astucieusement on a ainsi laissé entendre qu'il n'y avait pas de lien direct entre économies et ambitions, surtout avec l'avènement de la navette. En d'autres termes, avec moins d'argent on pouvait faire beaucoup mieux. (Je pense en particulier à un article d'A. Ducrocq dans Air & Cosmos)
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MessageSujet: Re: Grandeur et misère du programme spatial américain   Grandeur et misère du programme spatial américain - Page 2 Icon_minitime

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